Voici un résumé de tout vos propos:
Cette ode a été condamnée en 1861 pour cause de propos sadiques et trop sexuellement explicites dans les strophes 8 et 9. De fait, les vers concernant son envie de châtier la jeune femme sont assez évidents quant à leur signification. Ces propos ; « Je voudrais […] A travers ces lèvres nouvelles, plus éclatantes et plus belles, t’infuser mon venin, ma soeur ! », laissent facilement envisager qu’il évoque l’organe sexuel féminin par les « lèvres » et le liquide séminal par le « venin ».
Pourtant, Baudelaire a dit ne pas vouloir parler de rapports sexuels, donc une explication plausible serait qu’il tentait d’exprimer son envie de communiquer son mal-être –son venin- avec la jeune femme, qui reluit de santé de vigueur et de beauté. Il lui transmettrait ainsi son désespoir, sa chétivité dans le but de devenir deux moitiés assemblables, d’où la phrase «ma sœur » au dernier vers.
Nous sommes pour l’instant dans une phase amoureuse « relativement positive » de Baudelaire : il aime la femme, elle est belle –d’ailleurs il nous la décrit d’une manière très charnelle en opposition au prochain poème Hymne à la beauté-, et il a une vision « relativement positive » d’elle. « Relativement positive » car l’expression de son désir de partager son malheur, et l’expression de cette forme de sadisme dans ce poème met bien en évidence son esprit tourmenté.
Le sadisme de Baudelaire dans ce poème est choquant voire malséant. L'audace et la virtuosité poétique de Baudelaire se lisent dans son exhibition de ses pulsions sadiques sous forme d'un éloge de la beauté charnelle.
Cette fois( contrairement à la beauté spirituelle glorifiée dans le poème intitulé "hymne à la beauté")le poète, éternel rhéteur, valorise la beauté convulsive d'un corps féminin parfait.
Dans la deuxième strophe, le poète-anatomiste sait bien que cette femme dispose de ce qui lui manque, à lui, le passant chagrin(vers 5)qui traîne son atonie(vers18).
La synecdoque de la femme n'est pas, cette fois, sa chevelure c'est plutôt ses épaules et ses bras(beauté du corps sportif; goût du XXème siècle). La femme décrite, forte et saine, a agressé le poète souffreteux, maladif et jaloux de cette santé qui"l'ebloui".
Vers la fin, l'amoureux ne fait que rendre l'agression, l'amour n'est-il pas tout prés de la haine?
Toujours chercher le bonheur au coeur du malheur et la douceur au fond de la violence .......L'AMOUR.
Commentaire de : CédricSon 'venin', à mon avis, n'est pas seulement son chagrin, mais aussi son sperme.
Commentaire de : SophieOn peut voir que le poème s'organise autour du vers-pivot "je te hais autant que je t'aime".
Les quatre strophes qui précèdent sont la description de la femme aimée (et haïe), ensuite en a un changement de ton est l'auteur évoque le souvenir d'une agression de la nature (à travers une fleur) et il fantasme sur une agression de la femme qu'il aime et hais.
Baudelaire avait démenti le fait que les deux dernières strophes penchaient vers "la débauche", on peut donc croire qu'il y a une toute autre explication : le narrateur, très mélancolique, voudrait transmettre son mal-être à la femme qu'il admire, elle est gaie alors qu'il est triste (et malade).
Son venin serait donc son mal-être; et il chercherai à le lui transmettre afin qu'elle devienne sa moitié; d'où la mention "ma soeur" à la fin...
Met en relièf son admiration pour sa muse.
Il est en même temps épris et fasciné par elle autant qu'il la hait et ne cesse de le dire, sa blessure n'étant pas tout à fait guérie.
Ainsi, il voudrait la voir ou la toucher pour autant de raisons aussi contradictoires et opposées les unes que les autres : pour l'admirer, pour l'aimer, pour la meurtrir, pour lui faire autant de peine qu'elle lui a fait,...
Charles Beaudelaire est né à Paris. Dandy, Baudelaire Fils d'un peintre amateur attaché à l'administration du Sénat, il perdit son père de bonne heure et sa mère se remaria au colonel Aupick, plus tard maréchal de camp et ambassadeur de France à Constantinople, à Londres et à Madrid.
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