A une passante - Les fleurs de Mal

Année de parution : 1857
Catégorie : Poésie

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Vos commentaires :


Commentaire de : Zohra
Le 04 Août 2008

Ce poème résume la déchirure que nous ressentons lorsque nous constatons que nous ne pouvons atteindre l'objet de nos rêves.

Nous avons tous un idéal de paradis avec ses paysages, sa musique, son parfum, ses êtres angéliques .En un mot un paradis peuplé de Beauté et de désirs nobles. Mais notre réalité est au contraire laideur, lourdeur,mesquinerie , vulgarité.

Ce poème résume l'espace infiniqui réside entre la hauteur de notre idéal et la bassesse de notre être matériel(charnel).Puis l'impossible adéquation des deux (impossible rencontre)

Commentaire de : Amae
Le 11 Mars 2008

Ce poème me touche vraiment ,la description de la passante le coup de foudre et surtout quand il voit la passante veuve prend pour lui le sens d'une révélation de la beauté.

Commentaire de : Hind
Le 13 Juillet 2007

J'avais lu ce magnifique poème et je l'ai apprécié, par la description détaillée et plus précise de la passante faite par le grand poète (Charles Baudelaire)

C'est pour cela je conseille 0 chaque étudiant de lire et relire ce poème et de s'habituer à la lecture en général .

C'est très utile pour enrichir notre connaissance.


Biographie de Charles Baudelaire

Charles Beaudelaire est né à Paris. Dandy, Baudelaire Fils d'un peintre amateur attaché à l'administration du Sénat, il perdit son père de bonne heure et sa mère se remaria au colonel Aupick, plus tard maréchal de camp et ambassadeur de France à Constantinople, à Londres et à Madrid.


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