Amours et fureurs de la lointaine

Année de parution : 1995
Catégorie : Histoire

Résumé :

Note de l'éditeur

Il convient, en considérant les expressions de la symbolique égyptienne, de reconnaître le rôle primordial joué par le fleuve et d'admettre une fois de plus que "l'Égypte est un don du Nil" - à condition, en considérant le mot Nil, de comprendre l'Inondation, qui sous-entend l'essentiel de mythes et de symboles protéiformes.

Vivre sans l'Inondation, c'était imaginer la fin du monde ! À tout prix, il fallait mesurer sa force bienfaisante mais dangereuse, se la concilier, l'apaiser, l'inciter - sinon la contraindre -à dispenser vie et renaissance à cette Égypte pour laquelle son retard, son absence prolongée, signifieraient agonie et mort. Cette angoisse, puis cet espoir comblé, sont puissament exprimés par le mythe de la déesse Lointaine, celle qui s'enfuit vers le Sud, comme pour se ressourcer dans la fureur de son ivresse amoureuse cependant que les jours et les mois s'étirent, jusqu'à ce que la juste mesure de ses limites la ramène, redevenue pacifique, vers le pays de ses premières amours.

À chaque retour de cette crue, c'est un recommencement qui scande l'existence de l'éternel fellah fidèle au fleuve rythmant impérativement la fertilité du sol, le bonheur et la fécondité de ses habitants et la renaissance de ses morts. Ainsi, La Lointaine règne-t-elle sur le temps, en simplicité avec le soleil auquel elle renouvelle, au Jour de l'An, sa jouvence et celle de Pharaon.

Biographie de Christine Desroches-Noblecourt

Egyptologue de renom, l'auteur a été Conservateur Général du Département des Antiquités égyptiennes au Musée du Louvre, Professeur d'épigraphie, d'archéologie égyptienne à l'Ecole.

Elle a dirigée des fouilles en Haute Egypte, et entre autre, organisé et dirigé la rénovation de la vallée des Reines.


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