J'avais beaucoup aimé ce livre, jusqu'à ce que je lise la "version complète", l"Amant de la Chine du Nord" où Marguerite Duras raconte la véritable histoire.
C'est très émouvant et intéressant de pouvoir comparer les deux ouvrages, de voir comment un auteur s'inspire de moments cruciaux de sa vie pour construire son oeuvre.
Je trouve ce roman particulièrement étrange.
Principalement dans la manière dont il est écrit. Néanmoins, une histoire très attractive, et intéressante se fait ressentir au fur et à mesure de la lecture.
Je pense quant à moi que c'est une histoire troublante, tant par l'idée qu'elle ait aimé cet homme comme par celle qu'elle ne l'ait jamais fait.
C'est un récit où chacun doit s'impliquer -peut-être indiscrètement- s'il veut discerner les sentiments qui s'y mêlent.
En tout cas, j'ai l'impression que cette oeuvre ne doit pas être jugée si durement.
Prenons simplement en compte la sincérité dont fait preuve son auteur : elle nous fait don de ses souvenirs et partage avec nous l'amour au premier jour où on le découvre.
Je suis lycéenne (en première STG) et ma passion c'est la lecture...
Lors d'une étude en cours j'ai pu découvrir ce magnifique livre...
Contrairement aux avis plutôt contraires ci-dessous, je suis tout simplement tombé amoureuse de cette histoire...
Marguerite Duras sait raconter "l'amour" comme personne...
La description des passages où les deux amants se donnent l'un à l'autre sont superbement bien écrits, tout comme les passages où elle exprime ce qu'elle ressent...
J'ai lu cette oeuvre d'une traite, je n'ai pas pû m'arrêter tant j'ai été emportée par sa passion de raconter...
C'est vraiment une autobigraphie magnifique et je la conseille à quicquonque veut s'évader, car en le lisant ce n'était plus Marguerite Duras l'amante, mais moi...
Comment peut-on parler d'histoire passionnée lorsqu'on lit L'Amant ?
L'Amant est tout sauf une histoire passionnée, où si elle l'est , elle l'est a postériori, une fois que la jeune fille part pour la France, et qu'elle se rend compte qu'elle l'a peut-être aimé.
De mémoire "elle n'avait pas été sûre de ne pas l'avoir aimé", je vous laisse le loisir d'admirer le jeu de la double négation.
L'Amant c'est avant tout une histoire d'amour tragique au sens littéraire du texte, aucun des deux protagonistes ne choisit l'histoire, il la subissent, comme si le destin les pousse l'un vers l'autre : "Il est celui qui passait le Mekong ce jour-là en direction de Saïgon".
L'Amant c'est avant tout l'histoire d'une transgression, la transgression de l'univers maternelle, la mère qui souhaite si fort que sa fille fasse une agrégation de mathématiques quand elle a déjà choisi l'écriture, transgression de la société coloniale de l'époque qui ne peut envisager une liaison mixte, transgression des barrières sociales, la barrière de l'argent.
Maintenant préférer le film au roman est de l'ordre du non-sens, puisque Jean Jacques Annaud propose une lecture qui est basée sur un contre sens de départ : le roman stipule bien que le chinois n'est pas physiquement attirant, ce qui renforce bien sûr l'aspect tragique de la rencontre, or Tony Leung (je ne suis pas sûr de l'orthographe) ne correspond pas du tout à cette image, chez Annaud le désir devient flagrant et normal.
Marguerite Duras a joué sur le topos de la rencontre amoureuse en lui otant toute sentimentalité et tout romantisme, mais nous autres héritiers de l'univers romantique avons du mal à concevoir qu'une rencontre amoureuse puisse être séparée de ces deux éléments de base.
Il faut donc lire L'Amant avec un oeil neuf, passer la barrière de l'écriture Durasienne, pour découvrir que L'Amant est un des plus fabuleux roman d'amour parce que pour une fois, une nouvelle dimension de l'amour entre en jeu, le fait qu'il ne s'explique pas.
Bonne relecture !
Marguerite Duras est née et a grandi à Gia-Dinh (Viêt-Nam). De son vrai nom Marguerite Donnadieu.
Elle a été levée par sa mère dans une concession incultivable.
Ce séjour en Indochine a profondément marqué sa vie.
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