Rankin Ian (1960)
Nationalité: Ecossaise
Biographie :Ian Rankin est né à Cardenden, petit village minier du centre-est de l'Ecosse.
Que dire du gamin, si ce n'est qu'il vit une enfance sans histoire, vouant déjà une passion dévorante pour les livres. P
ourtant, Dieu sait qu'il n'en trouve guère dans son petit village sans librairie. Qu'importe. Il les invente. Commence par dessiner des histoires en BD. Il n'est pas très doué pour le dessin.
Alors il s'imagine à la tête d'un groupe pop, pour lequel il écrit des paroles. Les "lyrics" deviennent bientôt des poèmes.
Au lycée, un professeur remarque les aptitudes littéraires du jeune homme et le pousse à poursuivre ses études. En 1978, Rankin "monte "donc à l'Université d'Edimbourg, pour étudier la littérature.
Quelques-uns de ses poèmes sont publiés. Il se met à écrire des nouvelles.
Il touche en même temps à son rêve, en chantant pendant quelques mois pour un groupe punk, The Dancing Pigs (punk, non ?). Il cumule aussi les petits boulots, pour payer ses études.
En 1982, il empoche son diplôme, mais décide de poursuivre un doctorat sur la littérature écossaise moderne. Parallèlement, il écrit bien sûr. Et tout se précipite en 1986.
Son premier roman, The Flood, dans lequel il reprend des bouts de son enfance, est publié. La même année, il se marie avec Miranda Harvey, un nom qui allait bientôt lui servir de pseudonyme pour une partie de son oeuvre.
Toujours en 1986, il déménage à Londres, où il devient un temps journaliste musical, puis secrétaire du Centre national du conte populaire.
C'est en tentant de remettre au goût du jour le livre d'un sacré conteur écossais, le Docteur Jekill et Mr Hyde de R.L Stevenson, qu'il tombe presque par accident sur son futur personnage principal, John Rebus, dont la première aventure, Knots and Crosses, sort en 1987 (L'Etrangleur d'Edimbourg en français, en livre de poche).
Rebus est alors un inspecteur adjoint de 41 ans, qui fume comme un pompier, tient déjà pas mal l'alcool, bon flic donc plutôt minable question vie de famille, fan de musique et de Dostoïevski. Rankin n'imagine absolument pas en faire un personnage de série. Il poursuit d'ailleurs un temps dans le roman classique (Watchman en 1988, Westwind en 1990).
Mais voilà qu'on lui demande des nouvelles de John Rebus. C'est un nouveau départ pour l'inspecteur. Les trois aventures suivantes (Hide and Seek en 1991, Wolfman et Strip Jack en 1992) ne sont toujours pas traduites en France fin 2004. On retrouve donc Rebus avec The Black Book en 1993 (Le Carnet Noir, aux Editions du Rocher en France, comme les cinq aventures suivantes dans l'ordre chronologique).
Pour Ian Rankin, l'heure est d'ailleurs à un début de reconnaissance internationale. Un prix lui permet de voyager six mois aux Etats-Unis. Puis il s'installe en France (pour six ans), où il commence également à être publié.
Sa carrière est lancée. Ian Rankin, sous le pseudo de Jack Harvey, goûte au thriller d'espionnage avec Nom de code : Witch en 1993 et Double Détente en 1994 (reste Blood Hunt (1995) à traduire), mais c'est avec Black and Blue (L'Ombre du tueur) en 1997 qu'il décroche le jackpot, tant sur le plan critique (premier prix spécialisé) que financier.
Ian Rankin revient s'installer à Edimbourg pour profiter de son succès et creuser la veine de son filon. Rebus et Edimbourg, indissociables dans la réussite de l'univers noir du bonhomme. "Rebus est comme Edimbourg", commente Ian Rankin.
Il ne se dévoile jamais complètement. Il garde ses émotions cachées. Chaque livre perce un peu la carapace, mais sans jamais mettre le bonhomme à nu. De la même façon, on ne peut jamais connaître tout à fait une ville comme Edimbourg.
Fin 2004, Ian Rankin poursuivait l'exploration avec la quinzième aventure de Rebus, Fleshmarket Close. En France, on comptait huit enquêtes publiées, avec dans l'ordre La Mort dans l'âme (Editions du Rocher) puis Du fond des ténèbres (Edition du Masque), qui sont respectivement les dixième et onzième apparitions de Rebus... Jusqu'où Ian Rankin souhaite-t-il accompagner son personnage ? Rebus approche aujourd'hui les 55 piges. "Dans la police d'Edimbourg, les flics prennent leur retraite à 60 ans ", prévient Ian Rankin.