Ruy Blas

Année de parution : 1838
Catégorie : Théatre

Résumé :

Ministre tombé en disgrâce auprès de la reine, don Salluste introduit à la cour le valet Ruy Blas, en le faisant passer pour le noble don César.

Ruy Blas gagne le cœur de la reine.

Pour se venger de celle-ci, don Salluste lui révèle la véritable identité de son amant.

Voulant défendre l'honneur de la reine, Ruy Blas tue don Salluste.   

Vos commentaires :


Commentaire de : Lituanna
Le 15 Novembre 2005

J'ai bien aimé ce livre trés interressant.

Belle pièce de théâtre, j'aimerai bien aller voir une représentation théâtrale. Cela doit être mieux.

Commentaire de : Ryo Saeba
Le 02 Novembre 2005

Extrait

Don Salluste :

Eh bien ! Comment cela va-t-il ?

Ruy Blas, l'oeil fixé sur Don Salluste impassible, et comme pouvant à peine rassembler ses idées :

Cette livrée ? ...

Don Salluste, souriant toujours :

Il fallait du palais me procurer l'entrée.
Avec cet habit-là l'on arrive partout.
J'ai pris votre livrée et la trouve à mon goût.

Il se couvre. Ruy Blas reste tête nue.

- Ruy Blas :

Mais j'ai peur pour vous...

- Don Salluste :

Peur ! Quel est ce mot risible ?

- Ruy Blas :

Vous êtes exilé !

- Don Salluste :

Croyez-vous ? C'est possible.

- Ruy Blas :

Si l'on vous reconnaît, au palais, en plein jour ?
Ah bah ! Des gens heureux, qui sont des gens de cour,
Iraient perdre leur temps, ce temps qui sitôt passe,
A se ressouvenir d'un visage en disgrâce !
D'ailleurs, regarde-t-on le profil d'un valet ?

Il s'assied dans un fauteuil, et Ruy Blas reste debout.

A propos, que dit-on à Madrid, s'il vous plaît ?
Est-il vrai que, brûlant d'un zèle hyperbolique,
Ici, pour les beaux yeux de la caisse publique,
Vous exilez ce cher Priego, l'un des grands ?
Vous avez oublié que vous êtes parents.
Sa mère est Sandoval, la vôtre aussi. Que diable !
Sandoval porte d'or à la bande de sable.
Regardez vos blasons, Don César. C'est fort clair.
Cela ne se fait pas entre parents, mon cher.
Les loups pour nuire aux loups font-ils les bons apôtres ?
Ouvrez les yeux pour vous, fermez-les pour les autres.
Chacun pour soi.

- Ruy Blas, se rassurant un peu :

Pourtant, monsieur, permettez-moi,
Monsieur De Priego, comme noble du roi,
A grand tort d'aggraver les charges de l'Espagne.
Or, il va falloir mettre une armée en campagne ;
Nous n'avons pas d'argent, et pourtant il le faut.
L'héritier bavarois penche à mourir bientôt.
Hier, le comte d'Harrach, que vous devez connaître,
Me le disait au nom de l'empereur son maître.
Si monsieur l'archiduc veut soutenir son droit,
La guerre éclatera...

- Don Salluste :

L'air me semble un peu froid.
Faites-moi le plaisir de fermer la croisée.

- Ruy Blas, pâle de honte et de désespoir, hésite un moment ; puis il fait un effort et se dirige lentement vers la fenêtre, la ferme, et revient vers Don Salluste, qui, assis dans le fauteuil, le suit des yeux d'un air indifférent.


Biographie de Victor Hugo

Ses parents divorceront à la suite de l'arrestation chez sa mère du général Laborie, conspirateur et amant de celle-ci.
En 1815 il compose ses premiers poèmes. en 1817 il obtient une mention de L'Acadamie française, achève un opéra et une tragédie. En 1822 il épouse Adèle Foucher.


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