J'ai aimé ce beau livre à l'écriture ciselée.
Cette suite de tableaux dénote une observation précise et souvent cruelle de la réalité d'un peuple face à une situation insupportable.
Le regard critique porté sur tous ces personnages est amer, impitoyable, mais l'idée que l'auteur se sait menacée, écrit dans l'angoisse de ne pas finir, m'a donné un sentiment constant de malaise.
Je sais comment "l'histoire" se termine, alors qu'Irène Némirovsky ne le saura jamais. Ce sentiment m'a poursuivie tout le long de cette lecture.
Comment , dans ces conditions, reprocher à "Suite française" un manque de lien entre les différents récits et l'impression d'avoir affaire à une mosaïque et non de lire un véritable roman ?
Enfin, le jugement sur l'oeuvre ne peut pas être tout à fait libre quand on est pris à la gorge par ce gâchis humain et littéraire et qu'on imagine cette femme subtile et talentueuse dans l'horreur du monde concentrationnaire.
Née en Ukraine dans une famille de la haute bourgeoisie juive de Kiev son père Léon, était un des plus riches banquiers de Russie. Elle a apprit le français avant de connaître le russe.
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